Pendant les vacances, on travaille ou pas?
- Le Pau'telier
- 4 juil.
- 6 min de lecture
« Vive les vacances, vive l’insouciance ! » (Oui, je suis de la génération Dorothée !)…. Enfin, insouciance, jusqu’au moment où on culpabilise de laisser nos enfants sans « travailler » pendant 2 mois. Nous avons déjà parlé de la mémorisation par ici : nous avons tous besoin, enfants comme adultes, d’entretenir notre cerveau.
Alors posons-nous la question autrement : qu’est-ce qui est bénéfique pour les enfants ? Les enfants peuvent-ils apprendre sans un "cahier de vacances" ? Je vous emmène sur mon cheminement par rapport à ce sujet.

Petite Histoire des cahiers de vacances
La création
L’origine des cahiers de vacances remonte aux années 1930, où l’on modernisait l’éducation en France. À cette époque, des réformes ont été mises en place pour rendre l’éducation plus accessible à tous les enfants, indépendamment de leur milieu social. C’est dans ce contexte que les cahiers de vacances ont vu le jour. C’est Roger Magnard, un directeur d’école français, qui a eu cette idée. Après des mois d’apprentissage intensif, les grandes vacances estivales pouvaient entraîner une perte des compétences scolaires acquises au cours de l’année. Il a donc conçu le premier cahier de vacances comme une solution à ce problème. Son objectif était de créer un outil qui permettrait aux enfants de continuer à apprendre et à réviser pendant les vacances d’été, mais d’une manière ludique et attractive. Et ce premier cahier de vacances a rencontré un vif succès.
Évolution des cahiers de vacances
Depuis leur création, les cahiers de vacances ont considérablement évolué pour s’adapter aux besoins changeants des élèves, des parents et des enseignants. Les éditeurs ont multiplié les efforts pour rendre les cahiers de vacances plus attrayants et plus utiles. D’abord principalement axés sur le français et les mathématiques, ils ont progressivement intégré d’autres disciplines comme les sciences, l’histoire, les langues étrangères, et même l’éducation artistique. L’évolution s’est faite aussi du côté ludique. On trouve des jeux, des énigmes, des activités manuelles et des projets créatifs intégrés dans le livret. Et tout cela en fonction de l’âge et niveau scolaire.
Cahiers de vacances : oui ou non ?
Mon enfance… Mes enfants
J’ai fait des cahiers de vacances tous les étés depuis toute petite. J’adorais ça parce que j’étais très scolaire et ça me manquait de ne rien apprendre. Pourtant, j’étais tout aussi enthousiaste (sinon plus) lorsqu’on partait en vacances et qu’on visitait un château, un parc animalier, le port de Brest ou encore lorsqu’on se promenait dans la forêt de Brocéliande ou parmi les dentelières du Puy.
Avec le temps, mes études pour être enseignante puis mes premières années d’enseignement, toute cette rigidité m’a un peu étouffée car cela nous enferme dans un système avec des cases dont il ne faut pas trop sortir. Je rêvais de projets pour lier les activités, donner du sens aux apprentissages, motiver et captiver les enfants.
Et j’ai eu mes enfants. Je voulais vraiment leur offrir cela. Nous sortions souvent en famille pour découvrir. Découvrir la nature, l’Histoire, la lecture, les arts. Nous jouions beaucoup aux jeux de société. J’ai pu constater qu’ils développaient leurs compétences psycho-sociales en plus de la lecture, la numération, la géographie… et tout cela en s’amusant ! Bref, je ne leur ai jamais donné de cahier de vacances… Nous avons fait autrement !
Répétition des acquis scolaires pour une meilleure mémorisation
Ce qui est certain, Stanislas Dehaene l’explique très bien, on perd plus rapidement des informations qui ne sont pas répétées. Donc, continuer à travailler durant les vacances d’été, par le biais d’activités éducatives, permet de consolider ce qui a été appris. Les révisions régulières aident à fixer les connaissances dans la mémoire à long terme et à éviter la perte de compétences ou connaissances.
Maintien d’un rythme
Les enfants sont plus épanouis et plus ouverts aux nouvelles notions dans des environnements structurés. Les vacances peuvent représenter une rupture de cette routine. En poursuivant des activités éducatives, même sous une forme plus ludique, les élèves gardent une certaine habitude d’apprentissage. Cela structure aussi les journées de manière équilibrée entre loisirs et apprentissage. La transition entre les vacances et la reprise des cours peut être un moment redouté pour de nombreux élèves. En continuant à travailler durant les vacances, les enfants sont moins susceptibles de se sentir submergés par le rythme structuré d’une année scolaire.
Qu’est-ce qui peut freiner dans un cahier de vacances ?
Certains enfants vont aimer en faire, et c’est tant mieux mais d’autres vont freiner des 4 fers ! Pourquoi ?
Risques de surcharge
Après une année scolaire souvent chargée, il est très important de permettre aux enfants de se reposer et de se ressourcer. Les cahiers de vacances peuvent, chez certains enfants, représenter une charge de travail trop importante. Les vacances doivent rester avant tout un moment de détente et de repos. Imposer des exercices trop scolaires peut entraîner une surcharge cognitive et un stress supplémentaire pour les enfants.
Perte de motivation
Si ces cahiers sont perçus comme une corvée, le risque est de provoquer un sentiment de contrainte et de résistance envers l’apprentissage. Les enfants ont besoin de vacances pour se reposer, et les obliger à travailler peut diminuer leur enthousiasme pour les apprentissages. De même que, si les exercices ne sont pas suffisamment variés ou stimulants, ils risquent de devenir ennuyeux et les enfants risquent de se désintéresser.
Absence d’interaction sociale
Les livrets de vacances sont souvent des activités solitaires. Le manque d’interaction avec d’autres personnes peut attrister certains enfants qui ont besoin de socialisation et de collaboration pour apprendre. Et cela reste des aspects importants de leur développement, pour tous !
Continuer les apprentissages sans les cahiers de vacances : oui mais par quoi les remplacer ?
Voici quelques pistes : à vous de piocher dedans !
Aller à la bibliothèque / Explorer votre bibliothèque
Découvrir une variété de livres adaptés à ses goûts. Cela peut aller des bandes dessinées, aux documentaires, aux romans illustrés, aux biographies de personnalités inspirantes... Laissez-le choisir ce qui l’intéresse vraiment. La lecture plaisir stimule l’imagination, enrichit le vocabulaire et développe les compétences de compréhension.
Faire de la lecture une activité familiale. Chacun prend son livre et on s’offre un moment de détente-lecture tous en même temps. Et pourquoi ne pas se faire un petit cercle de lecteurs en fin de semaine pour partager nos lectures, nos passages préférés…
Pour les plus jeunes (et les moins jeunes), pensez à la lecture offerte. Chacun s’installe avec un dessin, du crochet ou rien et écoute l’adulte lui lire une histoire. Quel plaisir !
Réaliser des recettes de cuisine
Cuisiner avec votre enfant est une activité éducative enrichissante. Lire une recette, mesurer les ingrédients, suivre des instructions : toutes ces étapes renforcent les compétences en lecture, en mathématiques et en motricité fine. On peut, de manière ludique, aborder les conversions, les réactions chimiques entre les aliments…
Tenir un journal de bord
Proposez à votre enfant de tenir un journal de bord où il peut ce qu’il fait, écrire la date (pour le repérage dans le temps), coller des images, faire des dessins, inventer des histoires (pour sa créativité, ses structures de phrases, la cohérence du récit) etc. Cela améliore ses compétences en production d’écrit tout en lui permettant de garder une trace de ses vacances.
Résoudre des énigmes (problèmes) mathématiques
Mesurer divers objets à la maison et à l’extérieur, puis à comparer les longueurs. Marcher ensemble sur un kilomètre afin qu’il se fasse une meilleure idée des distances. Lire une carte de France pour calculer les distances du voyage… Autant d’ « énigmes » (oui c’est plus attrayant que « problèmes ») mathématiques qui ont du sens pour l’enfant.
Jouer à des jeux de société
Les jeux de société sont d’excellents outils pour apprendre tout en s’amusant. Ils développent l’attention, la mémoire, la logique, le sens de l’observation, la numération, le langage et la motricité fine. Ils favorisent également les interactions sociales, apprenant aux enfants à suivre des règles, à attendre leur tour et à coopérer avec les autres, des compétences essentielles pour leur développement. Ce peut être d’excellents support pour réviser (cf ma boutique 😉). Vous pouvez même en fabriquer avec votre enfant, c’est encore mieux !
Organiser des sorties
Les sorties éducatives, comme les visites de musées, les balades en forêt ou les visites de châteaux, d'artisans... offrent des occasions d’apprentissage en dehors de la maison tout en découvrant le patrimoine, la nature et les personnes qui composent et font fonctionner notre société. On peut proposer des missions amusantes comme récolter des pommes de pin, suivre un itinéraire, trouver des insectes différents, chercher des objets de telle couleur. Pour les plus grands, il existe également le géocaching ou des escape game outdoor super sympas.
Cours en ligne, applications éducatives, podcasts
Avec l’avènement des technologies numériques, de nombreux cours en ligne et applications éducatives sont disponibles, permettant une approche interactive et engageante pour apprendre pendant les vacances. Des plateformes comme "logicieleducatif.fr", "jeuxpedago.com", "Lumni" offrent des jeux, des quiz, des vidéos... Des podcasts comme "Quelle histoire", "Les odyssées", "Les aventures du professeur caillou", "Secrets d'Histoire" pour les plus grands... France Inter et Europe 1 regorgent de podcast dans différents domaines.
Les cahiers de vacances présentent des avantages et des inconvénients. Cela dépend de l’enfant et de ce qu’on souhaite pour leurs vacances. Les parents doivent donc peser le pour et le contre et choisir ce qui convient le mieux à leur enfant, que ce soit les cahiers de vacances, les alternatives ou pourquoi pas les 2. Sans rien s’obliger, juste avec l’objectif de proposer des apprentissages qui resteront chez l’enfant/ado, qui se feront dans le plaisir tout en préservant la partie repos de leurs vacances afin qu’ils se ressourcent. Cela apaisera également la relation parents - enfants et offriront des vacances satisfaisantes à toute la famille! La clé c’est l’équilibre !
A bientôt pour d’autres aventures magiques !
Stéphanie.



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