La mémorisation, comment ça fonctionne ?
- Yannick
- 2 avr.
- 4 min de lecture
Suite à mes articles précédents sur les apprentissages, il me semblait important d’écrire quelque chose sur la mémorisation car pour qu’elle soit efficace, il faut la comprendre. Nous avons vu que l’utilisation de nos sens permettaient au cerveau de mieux retenir, que la répétition était importante dans le processus de mémorisation mais au fond, comment ça marche ?

Comment fonctionne la mémoire ?
Les différentes mémoires sont interconnectées mais dépendent de régions différentes du cerveau. Ça peut se voir par imagerie médicale. Un même évènement peut faire appel à plusieurs zones de mémorisation. Chacun des 2 hémisphères du cerveau est divisé en plusieurs zones qu’on appelle « lobes ». Il y en a 4 par hémisphères et chacun est impliqué dans une mémoire précise :
- Le lobe frontal c’est le siège de la mémoire à court terme.
- Le lobe pariétal est mis en œuvre dans la mémoire qui fait appel au langage, au calcul et au traitement de l’information sensorielle. C’est aussi la zone de l’attention.
- Le lobe occipital est impliqué dans la mémoire perceptive visuelle.
- Le lobe temporal est sollicité pour la mémoire sémantique. Il sert à stocker et récupérer nos connaissances.
Lorsqu’une information arrive à un neurone, des protéines sont produites et permettent de créer un réseau spécifique de neurones associé au souvenir. C’est la plasticité synaptique (les synapses sont les points de contact entre les neurones). Ensuite, l’activation fréquente ou non de ces connexions neuronales permet soit de les renforcer, soit de les réduire (se souvenir ou oublier).
L’hippocampe joue un rôle central dans le stockage des connaissances explicites (c’est-à-dire qu’on peut formuler par le langage). Une expérience frappante quitte la mémoire de travail pour aller vers l’hippocampe. C’est le processus de transformation des informations à court terme vers des souvenirs susceptibles de rester toute la vie.
Les étapes de la mémorisation sont donc l’arrivée de l’information, passage dans la mémoire sensorielle, attention donc sélection, passage dans la mémoire à court terme, encodage (phase d’apprentissage), passage dans la mémoire à long terme où l’information est stockée. Mais si l’on veut que cet apprentissage soit consolidé, il va falloir le répéter pour réactiver le circuit neuronal qui forme la trace du souvenir pour qu’un jour on puisse aller la récupérer dans un autre contexte.
Comment faciliter la mémorisation ?
Voici 4 grands axes pour faciliter la mémorisation :
- Accentuer : on retient ce qui sort du lot ; on peut accentuer visuellement (mise en page), auditivement (chansons) , par les mouvements, grâce à une émotion que cela a suscité chez nous
- Catégoriser : regrouper les informations de manière cohérente (carte mentale, liste, tableau…)
- Faire du lien : lien naturel entre les éléments, association d’idées, inventer un exemple, un accronyme (carte mentales, discussions, interdisciplinarité)
- Et bien sûr répéter ! (Oui mais pas n’importe comment !)
La répétition
Permettre la répétition à l’enfant, c'est accepter toutes ses formes : la répétition immédiate, la répétition par plaisir de la réussite réitérée, la répétition spontanée par habitude, la répétition différée ou réinvestissement et transfert...
Organiser la répétition sous-entend introduire des situations de recherche ou des outils comme l'autocorrection facilitant l'entraînement individualisé, c'est-à-dire la répétition modulée par l'enfant lui-même avec l'aide éventuelle du maître. Célestin Freinet disait : « Notre rôle éducatif consistera à faciliter et enrichir ce tâtonnement expérimental, à rendre les enfants sensibles à l'expérience par une bonne santé et le jeu favorable de l'affectivité, à permettre aux enfants de faire de nombreuses expériences autorisant des réussites, à permettre et organiser des répétitions... »
La répétition espacée, une méthode qui renforce la mémoire à long terme en révisant les informations à intervalles de plus en plus rapprochés. Au lieu de réviser à fond juste avant un examen, l'enfant a intérêt à revoir les concepts sur une période plus longue, bien en amont. Si on combine le rappel actif (interrogation par un tiers ou non au lieu de lecture passive, qcm, quizz) et l'utilisation de flashcards, les enfants vont retenir les informations de manière plus efficace. Le système Leitner, par exemple, est une technique très répandue qui consiste à revoir plus souvent les flashcards dont les réponses sont plus difficiles que celles qui sont plus faciles.
Les activités de groupe, comme la discussion de sujets avec des frères et sœurs ou des amis, peuvent renforcer les connaissances tout en rendant l'apprentissage plus social.
Attention, cependant, à ne pas oublier que l'objectif n'est pas seulement de mémoriser l'information, mais aussi de l'utiliser efficacement, à bon escient, en résolvant des problèmes ou en appliquant les connaissances dans de nouveaux contextes.
Nous voyons bien que la mémorisation n’est pas apprendre par cœur et recracher le cours mais bel et bien comprendre ce que l’on apprend. L’expérimentation, les essais-erreurs, la répétition… contribuent à une meilleure mémorisation qui devient alors plus efficace. Auparavant dans mon école, dans mes ateliers ou encore maintenant avec mes enfants, nous utilisons ces différentes techniques pour revoir les leçons d’année en année, sans attendre la date butoir de l’examen. Le jeu a, bien sûr, une grande place. C’est pourquoi vous trouverez sur le site du Pau’telier, des ressources pour aider aux apprentissages et à la mémorisation de certaines notions. Tout ce que j’ai expérimenté durant ma carrière d’enseignante et encore maintenant. Tout ce qui me paraît efficace et qui pourrait servir à vos enfants aussi. Alors n’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil !
A bientôt pour d’autres aventures magiques !
Stéphanie.



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