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Le jeu dans les apprentissages

Dans mes ateliers, j’utilise beaucoup les jeux… Apprendre par le jeu… est-ce que ce sont deux notions sont opposées ? Nous allons voir que non, bien au contraire. Le jeu se révèle être un chouette support pour aborder, entraîner ou revoir une notion ou encore développer des compétences sociales et psychologiques.


 

Qu’est-ce que le jeu ?

D’après l’Ontario Sciences Center, le jeu est une activité que l’on choisit, amusante (donc marquante pour la mémoire), centrée sur le processus (immersion totale dans l’activité donc qui génère de la motivation) et qui bénéficie d’un environnement préparé pour favoriser tous les plans de développement (cognitif, émotionnel, physique et social).

D’après les théoriciens du jeu dans les années 50, R. Caillois et J. Huizinga, le jeu est une activité libre (nous avons le choix d’y participer), séparée du temps et de l’espace des activités ordinaires, incertaine (rien n’est prévu à l’avance), improductive, réglée (avec ses lois propres), fictive.

Les définitions se recoupent donc.

 

Qu’apporte le jeu à l’enfant ?

Le jeu donne à l’enfant des compétences sociales et cognitives et une confiance en lui (une personnalité) qui lui permettent de vivre de nouvelles expériences et d’évoluer dans des environnements inconnus.

L’enfant met alors en place des stratégies, s’adapte, créé, collabore avec ses camarades et apprend de ses erreurs. On vit le jeu, on y trouve du plaisir (contrairement au « travail » en tant que tel). Cela lui apporte donc les étayages multiples pour l’aider à grandir.

 

 

D’après Monique Pinol-Douriez, un enfant qui se développe normalement peut s’étayer grâce à soi, aux adultes, aux pairs et aux objets :

-      A soi

Le jeu permet à l’enfant de développer sa sensorialité, sa motricité, s’identifier, découvrir ses émotions et les apprivoiser.

 

-      Aux autres

Le jeu permet la sociabilisation, la rencontre de limites (règles), de mieux connaître ses émotions et les contrôler, de coopérer, de penser tout en prenant l’autre en compte.

 

-      A l’objet

Le jeu permet la rencontre avec des objets transitionnels, la construction de la permanence de l’objet. L’enfant apprend à se séparer des autres et des objets et à construire un niveau de représentation.

 

Différents types de jeux

Piaget distingue 3 types de jeux :

-      Les jeux sensori-moteurs :

C’est l’exercice dans sa forme la plus primitive

 

-      Les jeux intuitifs :

C’est le jeu symbolique marqué par l’apparition du langage (jeux d’imitation)

 

-      Les jeux d’opérations :

Soit concrètes : ce sont les jeux de construction qui permettent de constituer de véritables adaptations ou solutions à des problèmes ainsi que de développer la créativité

Soit formelles : ce sont des jeux à règles, jeux de société qui parachèvent le développement affectif de l’enfant, aident à la sociabilisation.

 

L’enfant, le jeu, les apprentissages

L’enfant naît pour jouer, c’est dans sa nature, c’est son univers donc il « vit » ses apprentissages par le jeu.

André Stern, fils du chercheur et pédagogue Arno Stern, a bénéficié d’une éducation où le jeu avait une grande importance. Il est maintenant musicien, compositeur, luthier, conférencier, journaliste et auteur. Il est également directeur de l’Institut Stern qui est un laboratoire d’observation des dispositions spontanées de l’enfant. D’après ces observations, on constate qu’apprendre n’est pas une action en soi. Ça nous arrive quand on joue et qu’on ressent des émotions. Les apprentissages sont les restes à la suite des émotions ressenties dans un jeu, c’est ce qui nous marque, sans effort. Du coup, on peut se poser la question de l’utilité d’apprendre par cœur une leçon qui serait un apprentissage sous la contrainte.

L’opposition entre le jeu et les apprentissages paraît incompréhensible pour l’enfant car ce sont deux notions indissociables pour lui. Et quand on lui demande d’arrêter de jouer pour apprendre, il pense que quelque chose cloche. Cela déclenche des liaisons neuronales associées à la douleur.

De plus, on observe que chaque enfant fait ses apprentissages à des âges différents donc on peut se poser la question des classes avec une seule classe d’âge.

 

Après toutes ces lectures, mes formations et mon expérience, je ne peux qu’adhérer à tout ce qui est dit. Le jeu est inné chez l’enfant et tout est travail pour lui. Il apprend sans cesse. Alors pourquoi ne pas utiliser ce côté ludique dans notre approche pédagogique ? Et c’est tellement chouette de créer des jeux pour apprendre une notion, laisser aller notre créativité et prendre autant de plaisir que les enfants. C’est complétement ce que je ressens lorsque je prépare mes projets. Je vais essayer de vous proposer régulièrement des idées et outils pour enrichir vos séances d’apprentissages dans différents domaines. Je vous parlerai d’ailleurs prochainement de mes ateliers littéraires (plaisir de lire) et d’écriture (plaisir d’écrire) pour les collégiens sur el thème de la poésie engagée.

A bientôt pour de prochaines aventures magiques !

Stéphanie.

 
 
 

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